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16.03.2015

Je veux la guerre

 

je veux la guerre / je veux te la faire / je veux vivre l’enfer / à visage découvert

je veux la guerre / et qu’elle soit totale / qu’elle nous fasse bien mal / qu’elle soit noire de lumière

le plus doux des combats / affronter tes bras / oh rien qu’une fois / me résoudre à toi

15.03.2015

Tu ne peux me vaincre

 

je suis petit et je suis pâle / mes rêves ne sont que des râles / je ne suis pas beau je suis pire / je suis l’étranger dans l’empire

faut-il te le dire / faut-il t’en convaincre / tu peux me détruire / tu ne peux me vaincre

je vis dans l’ombre de mon ombre / j’ai vu la tyrannie du nombre / j’ai le sourire d’une blessure/ et la mémoire d’une armure

faut-il te le dire / faut-il t’en convaincre / tu peux me détruire / tu ne peux me vaincre

j’ai des mains à faire peur aux bagues / des yeux couleur de terrain vague / je veux le masque et le silence / je veux le secret et l’absence

c’est comme une parade molle / où tombent tous ceux qui s’envolent / mais même jeté à genoux / je remets le monde debout

faut-il te le dire / faut-il t’en convaincre / tu peux me détruire / tu ne peux me vaincre / tu ne peux me vaincre

14.03.2015

Chien d'écrivain / 1er juillet

13.03.2015

Printemps noir

 

c’est la Pologne à tous les jours / c’est la jaunisse dans l’abat-jour / les femmes sont froides la bière est chaude / l’espoir est en prison pour fraude

il n’y a pas de poésie / pas d’enfer pas de paradis / rien que le matin et le soir / rien que moi et le printemps noir

comment commencer à finir / comment lire le livre à délire / être entrepreneur en désastres / et savoir dérégler les astres

tue d’abord l’ombre des oiseaux / en tuant le soleil là-haut / je l’ai écrit sur le trottoir / sous la lune du printemps noir

une peau de chambre une cigarette / ça se prend et puis ça se jette / et que le cœur mange sa cendre / et que l’amour aille se pendre

le monde sera fermé demain / le bonheur ne vaudra plus rien / qu’il pleuve ou qu’il tombe des rasoirs / ce sera toujours le printemps noir

12.03.2015

31.12.14

 

j’ai connu Miss toutes les nuits & tous les matins cette semaine / je crois qu’elle est triste elle aussi / elle n’a pas plus d’épaisseur qu’un elfe sans racines / elle ne tient à rien qu’à l’air du temps qui glisse sur elle / sa béance où je me précipite chaque fois comme un kamikaze fou me donne le vertige / on dirait qu’elle n’a pas de fond, qu’il n’y a rien au fond d’elle / comme c’est agréable pour l’homme que de pouvoir éjaculer des myriades d’angelots mort-nés dans le ventre désert de toutes ces jeunes & jolies femmes chimiquement stérilisées sans craindre de les voir ressusciter quelques mois plus tard / comme c’est agréable d’être aussi prodigieusement sexué & fertile & de ne pas se reproduire / comme c’est agréable de ne faire que jouer de son sexe dans une grande métropole moderne remplie d’animaux hautement civilisés & problématiques & béants & vides

11.03.2015

Le monde merveilleux des insectes

Je n'ai jamais dit qu'il n'y a rien d'intéressant à dire au sujet des femmes, qu'il n'y a qu'à dresser des listes, à collectionner des prénoms.

10.03.2015

Heureuse homme

 

heureuse homme ce matin / c’est un dieu vague / et des rues rêvées / dans la pluie d’avril

est-ce le matin ou le mois d’avril / est-ce une rue ou une vue de l’esprit / ce matin tu n’es pas là / quelle heure est-il

il y a cet homme / il est seul au monde / il est libre il est violent / heureuse homme

et New York est paisible / et la gueule de bois hurlante / et le parapluie cassé / et les lunettes noires

et les alcools et les drogues de la nuit / et le g-string de Loulou la Fente sous tes jeans / et dans ma tête la caméra cachée / pour me photographier

oh le joli petit cul épilé / oh les pointes de pizza / à dix heures du matin / après la nuit blanche

oh les passantes / les rues mouillées / les parapluies la solitude / la liberté sans le sou

et la croix gammée / sur la cuisse de l’homme / c’est la marque laissée au rouge à lèvres / par l’ennemie dans la nuit

l’ennemie battue abattue / dans la nuit / heureuse homme / je suis invisible

09.03.2015

Au commencement

 

au début

au commencement du commencement

le ciel et la terre se touchaient

le ciel et la terre étaient soudés l’un à l’autre

et l’homme était un animal horizontal

un animal heureux

 

un jour

un homme s’est levé

il s’est dressé de toute sa hauteur

et en repoussant le ciel vers le ciel

et la terre vers la terre

il les a dessoudés l’un de l’autre

 

maintenant

ses pieds pouvaient se poser sur la terre

et sa tête se perdre dans le ciel

il venait d’inventer la verticalité

la sienne et celle du monde

 

et c’est depuis ce jour

les vieilles légendes le prétendent

que l’homme devenu un animal vertical

est un animal malheureux

 

08.03.2015

Mortadelles / Tableau 1

Tableau 1.jpg

07.03.2015

Ne m'oublie pas

 

ne m’oublie pas quand tu viendras / chercher tout ce qui était à toi / la laisse que tu as laissée là / les clés rêvées qui n’existent pas / et surtout ne m’oublie pas

les peines purgées dans tes bras / les plaies qui ne guériront pas / les cris qui faisaient mal aux draps / non n’oublie rien de ce qui est à toi / et surtout surtout ne m’oublie pas

il faudra bien que tu comprennes / le sens qu’il y avait à ces chaînes / il faudra bien que tu reviennes / pour donner un nom à la chienne

rappelle-toi la première fois / nos jambes molles et la gueule de bois / rappelle-toi la dernière fois / la chambre rouge et les crachats / souviens-toi

nous n’aurions plus rien à nous dire / si cessait ce doux délire / nous n’aurions plus rien à nous dire / si nous savions cesser de souffrir

ne m’oublie pas quand tu viendras / chercher tout ce qui était à toi / la laisse que tu as laissée là / les clés rêvées qui n’existent pas / et surtout surtout ne m’oublie pas