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30.01.2015

Heureuse homme

heureuse homme ce matin

c’est un dieu vague

et des rues rêvées

dans la pluie d’avril

 

est-ce le matin ou le mois d’avril

est-ce une rue ou une vue de l’esprit

ce matin tu n’es pas là

quelle heure est-il

 

il y a cet homme

il est seul au monde

il est libre il est violent

heureuse homme

 

et New York est paisible

et la gueule de bois hurlante

et le parapluie cassé

et les lunettes noires

 

et les alcools et les drogues de la nuit

et le g-string de Loulou la Fente sous tes jeans

et dans ma tête la caméra cachée

pour me photographier

 

oh le joli petit cul épilé

oh les pointes de pizza

à dix heures du matin

après la nuit blanche

 

oh les passantes

les rues mouillées

les parapluies la solitude

la liberté sans le sou

 

et la croix gammée

sur la cuisse de l’homme

c’est la marque laissée au rouge à lèvres

par l’ennemie dans la nuit

 

l’ennemie battue abattue

dans la nuit

heureuse homme

je suis invisible

24.01.2015

31.12.14

 

j’ai connu Miss toutes les nuits

& tous les matins cette semaine

je crois qu’elle est triste elle aussi

elle n’a pas plus d’épaisseur

qu’un elfe sans racines

elle ne tient à rien qu’à l’air du temps

qui glisse sur elle

sa béance où je me précipite chaque fois

comme un kamikaze fou

me donne le vertige

on dirait qu’elle n’a pas de fond

qu’il n’y a rien au fond d’elle

comme c’est agréable pour l’homme

que de pouvoir éjaculer

des myriades d’angelots mort-nés

dans le ventre désert

de toutes ces jeunes & jolies femmes

chimiquement stérilisées

sans craindre de les voir ressusciter

quelques mois plus tard

comme c’est agréable

d’être aussi prodigieusement

sexué & fertile

& de ne pas se reproduire

comme c’est agréable

de ne faire que jouer de son sexe

dans une grande métropole moderne

remplie d’animaux hautement civilisés

& problématiques

& béants

& vides

19.08.2014

Tu ne peux me vaincre

 

je suis petit et je suis pâle

mes rêves ne sont que des râles

je ne suis pas beau je suis pire

je suis l’étranger dans l’empire

 

faut-il te le dire

faut-il t’en convaincre

tu peux me détruire

tu ne peux me vaincre

 

je vis dans l’ombre de mon ombre

j’ai vu la tyrannie du nombre

j’ai le sourire d’une blessure

et la mémoire d’une armure

 

faut-il te le dire

faut-il t’en convaincre

tu peux me détruire

tu ne peux me vaincre

 

j’ai des mains à faire peur aux bagues

des yeux couleur de terrain vague

je veux le masque et le silence

je veux le secret et l’absence

 

c’est comme une parade molle

où tombent tous ceux qui s’envolent

mais même jeté à genoux

je remets le monde debout

 

faut-il te le dire

faut-il t’en convaincre

tu peux me détruire

tu ne peux me vaincre

tu ne peux me vaincre

18.08.2014

Au commencement

 

au début

au commencement du commencement

le ciel et la terre se touchaient

le ciel et la terre étaient soudés l’un à l’autre

et l’homme était un animal horizontal

un animal heureux

 

un jour

un homme s’est levé

il s’est dressé de toute sa hauteur

et en repoussant le ciel vers le ciel

et la terre vers la terre

il les a dessoudés l’un de l’autre

 

maintenant

ses pieds pouvaient se poser sur la terre

et sa tête se perdre dans le ciel

il venait d’inventer la verticalité

la sienne et celle du monde

 

et c’est depuis ce jour

les vieilles légendes le prétendent

que l’homme devenu un animal vertical

est un animal malheureux

 

17.08.2014

Chien d'écrivain / 1er juillet

16.08.2014

Tout était bien mieux (quand tout était pire)

 

j’ai construit des chevaux en panne

des oiseaux avortés

des tours et des ponts de boucane

des armées désarmées

pour ma peine pour mon labeur

pour me récompenser

ils m’ont coupé la main du cœur

fait de moi un droitier

 

tout était bien mieux

quand tout était pire

tout était bien mieux

quand tout était pire

 

j’ai eu des yeux de fin du monde

des habits de folie

quand la lumière était immonde

et la mort une amie

j’ai vu la vulve de la chienne

qui se prend pour la vie

j’ai ri de cette fausse reine

j’ai craché dans son lit

 

tout était bien mieux

quand tout était pire

tout était bien mieux

quand tout était pire

 

j’ai fait la queue chez les femmes

j’ai pénétré partout

j’aurais voulu toucher leur âme

comme on touche un bijou

mais ces machines sont un piège

je l’ai vu il est mou

elles volent les forces les désagrègent

elles en font de la boue

 

tout était bien mieux

quand tout était pire

tout était bien mieux

quand tout était pire

 

l’avenir était mieux dans le passé

c’est là qu’il aurait dû rester

 

j’ai dansé dans le dépotoir

avec tes vieux jouets

tes règles tes dieux tes miroirs

ton argent tes objets

tu es un animal jetable

tes rêves des déchets

un orignal épormyable

me l’a dit je le sais

 

tout était bien mieux

quand tout était pire

tout était bien mieux

quand tout était pire

tout était bien mieux

quand tout était pire

tout était bien mieux

quand tout était pire

15.08.2014

Le monde merveilleux des insectes

Je n'ai jamais dit qu'il n'y a rien d'intéressant à dire au sujet des femmes, qu'il n'y a qu'à dresser des listes, à collectionner des prénoms.

14.08.2014

Printemps noir

 

 

c’est la Pologne à tous les jours

c’est la jaunisse dans l’abat-jour

les femmes sont froides la bière est chaude

l’espoir est en prison pour fraude

 

il n’y a pas de poésie

pas d’enfer pas de paradis

rien que le matin et le soir

rien que moi et le printemps noir

 

comment commencer à finir

comment lire le livre à délire

être entrepreneur en désastres

et savoir dérégler les astres

 

tue d’abord l’ombre des oiseaux

en tuant le soleil là-haut

je l’ai écrit sur le trottoir

sous la lune du printemps noir

 

une peau de chambre une cigarette

ça se prend et puis ça se jette

et que le cœur mange sa cendre

et que l’amour aille se pendre

 

le monde sera fermé demain

le bonheur ne vaudra plus rien

qu’il pleuve ou qu’il tombe des rasoirs

ce sera toujours le printemps noir

Chien d'écrivain / 27 mars

 

lecteur

tu m’intéresses

parce que tu n’existes pas /

je suis client

de ton néant

13.08.2014

Mortadelles / Tableau 1

Tableau 1.jpg