16.10.2009
Chien d'écrivain / 27 mars
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13.10.2009
Chien d'écrivain / 24 avril
je suis enfermé pour toujours
dans le cabanon d’un monde littéral
un monde encombré de figures faites
et qu’on appelle la vie
alors que tout en moi se meurt
du besoin d’un peu de poésie
mais la tragédie
l’humaine tragédie
est qu’il n’y a pas de poésie
pas d’enfer pas de paradis
pas d’ailleurs
et pas de porte de sortie
il n’y a que des hommes
de la petitesse
du temps qui passe
et dans la vieille armoire de la biologie
l’éternelle corde du pendu
/ et moi pour le savoir
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05.10.2009
Chien d'écrivain / 2 septembre
cet enfant est un sphinx
la question qu’il pose n’est pas « Pourquoi ? »
mais « Pourquoi pas ? »
pourquoi par exemple ne pas être libre ?
il n’y a aucune raison pour que nous acceptions
ce qui nous est donné comme étant notre dû
la soumission sous toutes ses formes
n’est pas seulement inadmissible
elle est incompréhensible
dès que j’ai su écrire je l’ai fait
je leur ai déclaré la guerre
pourquoi pas ?
j’avais sept ans huit ans
il y a eu cet arrachement
en devenant auteur – l’auteur –
j’ai fait d’eux mes personnages
par quoi j’ai cessé d’être le leur
je les ai emprisonnés dans les filets magiques du dire
et je leur ai filé entre les doigts
on prend toujours les enfants pour des idiots
on leur raconte des histoires
on leur raconte ce qu’on veut
c’est-à-dire n’importe quoi
mais peu importe l’histoire en effet
ce qui compte c’est celui qui la dit
c’est d’être celui-là qui la dit
voilà toute l’astuce
il n’existe pas de position plus forte
que celle résultant de l’acte d’appropriation
de la parole toujours dispensatrice de sens
toujours structure d’univers
la parole est le grand régulateur
des réseaux de significations
qui enserrent notre existence
son appropriation est un acte
dont la portée participe de la puissance du mythe
découvrir et expérimenter passionnément
le pouvoir de la parole
dans et par l’écriture
à un si jeune âge
c’est très fort je trouve
en comparaison tout le reste est d’un incommensurable ennui
enfin
à condition d’avoir compris
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04.10.2009
Le tribunal des jours / 06-01-74
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29.09.2009
Chien d'écrivain / 3 mars
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20.09.2009
Chien d'écrivain / 7 janvier
je souffre
parce que je suis un mort en transit
et c’est encore la raison
pour laquelle j’éprouve
un certain besoin d’écrire
mon âme
cette poignée de terre
que j’ai à la place du cœur
n’a toujours pas touché
le lieu de son repos
elle tombe
et tant qu’elle continuera de tomber
je suppose que je continuerai de dire
combien cela peut faire mal
mais un jour
je serai bien mieux mort
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19.09.2009
Le tribunal des jours / 12-05-77
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16.09.2009
Le prince aux princes, 2 / L'appeau
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15.09.2009
Chien d'écrivain / 23 octobre
Chomedey
l’automne
/ toute une journée
passée à tourner en rond
dans le petit appartement humide
à tripoter des livres jaunes
sans avoir le courage de les ouvrir
à tirer et à repousser la chaise
à prendre et à reposer la plume
sur la vieille table de la cuisine
à boire du vin
et à fumer les mauvais cigares du pauvre /
toute une journée passée à se torturer
à se dire que la vie n’est pas assez
qu’elle est et qu’elle sera toujours déficitaire
dans l’absence de l’œuvre
que ce n’est pas à partir de la vie
qu’il faut penser l’œuvre
mais à partir de l’œuvre
qu’il faut rêver la vie
que ce qui compte ce n’est pas la vie
mais l’œuvre
l’œuvre d’abord
et rien que l’œuvre
/ mais quelle œuvre ? /
toute une journée passée
à scruter les exigences de l’œuvre
à se répéter qu’on ignore encore
ce qu’elle pourrait être
ce qu’elle voudrait être
et si seulement elle veut être
toute une journée passée
à se demander ce que l’œuvre voudrait
et pourrait faire de soi
de son passé de sa vie
et si cette vie peut être vue comme une totalité
et si l’on est un être suffisamment unifié
pour prétendre avoir une « vie »
/ toute une longue et terrible journée
passée à tourner en rond
dans le cauchemar du doute
pour finir par se demander
qui vaut la peine d’une œuvre
qui sinon celui qui dit
je voudrais en valoir la peine
j’aimerais pouvoir être celui qui en vaut la peine /
puis sortir comme un fauve malade
comme un Modigliani fou
sortir et aller boire encore
et chasser le rêve dans la nuit sale
et avoir les yeux toujours ouverts
à l’aube
debout dans la lumière
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12.09.2009
Chien d'écrivain / 11 octobre
à présent
je vois toute une civilisation
abandonner la mort
entre les mains replètes et onctueuses
du notaire de l’embaumeur
et de l’incontournable « psy » de service
où est l’artiste ?
là-bas
avec le reste du troupeau
à bouffer sa merde
en se roulant dans le psychologisme infantilisant
à s’ébrouer comme un demeuré
dans la sexologie de basse-cour
à se masturber sous ses draps
avec ses petits outils high-tech
à s’exciter sur le « millénaire »
comme une fillette
mouillant de la moule
pour la dernière vedette
/ repentez-vous
chiens d’humains
car en vérité je vous le dis
pour avoir refusé de regarder
la mort en face
votre civilisation tout entière
en sera dévorée de l’intérieur
jusqu’à en perdre le sens de la vie
surgira alors l’idole charognarde
le Grand Zombie aux yeux d’argent
qui n’en fera qu’une bouchée
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