23.11.2009
Chose (22/11/09)
on ne parle jamais de lui
il se couche avant minuit
c'est une sorte de sans destin
son vieux chien vit chez le voisin
son père oublie toujours son nom
même les putains lui disent non
il est plongeur au restaurant
de la piscine depuis dix ans
comment vouloir être quelqu'un
quand on porte des souliers bruns
c'est un homme de peu de doute
une mine de rien sous sa croûte
il ne voit que ce qu'il regarde
il n'a jamais lu Kierkegaard
sa vie est sur la liste d'attente
il reste chez lui quand il vente
pour lui le pire est déjà mieux
son but est de devenir vieux
comment vouloir être quelqu'un
quand on porte des souliers bruns
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11.10.2009
Psychanalyse No. 24-92 (Ode à Sigmund Freud) (28/02/08)
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07.10.2009
Ce 22 juin 1633 (21/04/09)
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16.06.2009
Nègres blancs (11/07/07)
à tous les nègres blancs
une boule et un écran
une paire de souliers noirs
une montre et un miroir
à chacun sa poubelle
sa pédale et sa pelle
une ampoule une serviette
une clé et une assiette
à tous les nègres blancs
un parapluie pliant
du pain et des condoms
un trône percé d’un rond
un tout petit plancher
une guenille à chiquer
le transport des valises
le droit à la bêtise
à tous les nègres blancs
des pieds pour leurs enfants
une bouteille pleine de roches
une lampe et une poche
une corde et un piquet
la culture du navet
une toile de Taillibert
l’adresse du cimetière
une cirrhose une scie ronde
le blé d’une fausse blonde
un clou phosphorescent
une brique et un aimant
mo-ha ! mo-ha ! mo-ha!
(je n’ai jamais vu Wabush…)
(je voudrais voir Wabush…)
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04.06.2009
Parle-moé z'en pas (13/08/09)
t’as l’air d’avoir kèke chose
qu’on sait pas quoi
t’as l’air d’un optimiste
qui s’ennuie
t’as l’air d’un gynécologue
qui trouve pu ça l’fun
t’as l’air d’un matelas
qui a pas dormi de la nuit
t’as l’air d’un riche à millions
qui a pas le téléphone
t’as l’air d’une rue
dans le mauvais sens
t’as l’air d’un parapluie
qui a peur de l’eau
t’as l’air d’un chômeur
qui a besoin de vacances
t’as l’air d’un rond de poêle
allumé à low
t’as l’air d’une statue
qui tient pas deboutte
t’as l’air d’une chenille
qui se cherche un chenil
t’as l’air d’un vendeur
qui sait pas comment ça coûte
t’as l’air d’un poteau
qui a perdu le fil
t’as l’air d’un perroquet
qui a pas compris le mot
t’as l’air d’un monument
à n’importe quoi
t’as l’air d’un matelot
qui se fait mener en bateau
t’as l’air d’un mort
qui aurait pas vraiment le choix
t’as l’air d’une affaire
qui a été changée de place
t’as l’air d’un manchot
à bout de bras
t’as l’air d’une farce plate
à Coco Le Casse
t’as l’air d’un béluga
dans un piège à rat
t’as l’air d’un tableau de bord
de l’autre bord
t’as l’air d’un gars
qui s’en souvient pas
t’as l’air d’un Français
dans le boutte de Val d’Or
t’as l’air d’un tas de marde
dans un vieux bas
t’as l’air d’avoir kèke chose
qu’on sait pas quoi
t’as l’air d’avoir kèke chose
qu’on sait pas pourquoi
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01.06.2009
Les gardiens de l'inutile (01/07/07)
nous n’aimons franchement
que ce qui nous plaît
je parle bien sûr des anges
dont sont pleines vos poubelles
notre politique est indiscutablement érotique
notre programme est la beauté même
cette finalité sans fin
celle que tu as camarade
peut-être oubliée un matin
ou qui t’est restée entre les mains
au fil du temps à force de repasser par le même
en ce qui nous concerne
nous n’avons plus d’idées
nous n’avons que des mots
dont tu n’as pas idée
nous sommes les gardiens de l’inutile
la forteresse que nous défendons
restera imprenable à jamais
parce qu’elle est vide
tu le savais ?
nous ne savons pas compter
nous ne rêvons que de raconter
nos voix sont des masques
et nos tréteaux sont paraît-il si beaux
que quelqu’un m’a dit
que les vieux chevaux
viennent mourir de ce côté-ci de nos eaux
et qu’entre nos mains le plus noir des oiseaux
sera toujours plus blanc
que le bas de ton dos
ne vois-tu rien venir camarade
sur le trottoir pourtant le vieux soulier noir
ressemble à s’y méprendre à un corbeau noir
c’est en nous nous le savons
que le siècle se survivra
nous entrerons dans un autre millénaire
en marchant sur les mains
et le cul à l’air
comme dans l’au-delà
le temps ne nous est rien
que le souffle de la mode
agonisant dans les couloirs d’un métro
là où nous avons trouvé ces lambeaux d’âme
dans lesquels nous avons taillé nos manteaux
tout ce qui nous alarme
a été créé pour notre bien
et fera désormais notre charme
et nous nous en repaîtrons
et nous nous en foutrons plein les babines
et nous rirons bien ronds
en nous roulant dans le sublime
ne vois-tu rien venir camarade
sur le trottoir pourtant le vieux soulier noir
ressemble à s’y méprendre à un corbeau noir
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29.05.2009
Chien d'écrivain / 4 décembre (29/06/07)
passager des années jaunes
lépreux des heures
momie d’ulcères
lichen en croûte
orphelin de Dieu
blême sans fond
avocat gauche
suri à blanc
boudin du tendre
pantin de grabat
miroir pour riens
quand tu ne ris pas
tu pues des pieds
tu sens la mort
et la vie te nuit
quand tu ne meurs pas
tu bandes à mort
arbre à couilles
ogre-grappe
jubilant
géant monstre
vert écume
quand tu ne bandes pas
tu m’écris
en manque de viols
tu m’écris
pour faire un malheur
pour faire un malheur
pour faire un malheur
pour faire un malheur
pour faire un malheur
pour faire un malheur
pour faire un malheur
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28.05.2009
L'amour (toujours l'amour) (13/08/09)
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11.05.2009
Ramon (14/08/09)
j’étais Ramon le mal rasé
ramonant la femelle
dans un arbuste empoussiéré
du parc Jeanne-Mance
après le bar
ses considérables totons blancs
frémissaient au printemps
de Montréal
et les petits poils érectiles
si tragiquement vulnérables
si dérisoires
de son trou du cul
dans le vent
quand j’ai vu
en redressant la tête
la noire baleine du Mont-Royal
ce corps monstrueux
gigantesque
affalé dans la nuit cosmique
ça m’a comme saisi
ç’a été plus fort que moi
je me suis senti monter
une sorte de dégoût
pour le doux entonnoir
qui s’efforçait de me divertir
il y avait nos râles risibles
et le rire puissant
silencieux
indifférent
de l’horloge broyant les espèces
dans l’inanité de la machine Univers
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25.04.2009
Chien d'écrivain / 19 juillet (09/01/09)
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